Éditorial de Yves Boisvert sur le discours de PéDonald (Forum)
Yves Boisvert
La Presse
Publié à 5 h 00
De toutes les transgressions commises par Donald Trump, celle du 16 juillet 2026 restera dans l’histoire des États-Unis comme la plus grave.
Au moment où cette république célèbre ses 250 ans de démocratie, son 47e président a brisé l’ultime tabou : le système électoral lui-même.
Le socle même sur lequel repose tout le système démocratique américain est décrit par le président comme corrompu, sous influence étrangère, en proie aux fraudes massives, bref, absolument non fiable.
Trump n’a fourni aux dernières nouvelles aucune preuve de manipulation des résultats électoraux. Il n’a pas non plus expliqué comment il se fait que lui-même ait été élu deux fois malgré « tout ».
Car sa thèse complotiste veut que toute cette vaste fraude soit organisée par les démocrates et au bénéfice des démocrates. Ça ne l’a pas empêché de remporter deux élections présidentielles sur trois.
Il n’y a pas de doute que la Chine, la Russie et d’autres puissances étrangères ont tenté d’influencer les élections dans les démocraties constitutionnelles, de les déstabiliser, du Brexit britannique aux élections italiennes, françaises ou canadiennes. Cela est bien documenté.
L’ironie est que Donald Trump lui-même a fait l’objet d’une enquête du FBI au sujet de l’influence russe pour favoriser sa première élection, en 2016. Il n’a eu de cesse depuis de dire que « Russia, Russia, Russia ! », c’était du bidon. Que les services de renseignement de « l’État profond » inventaient cette histoire.
Et maintenant, il nous dit que la Chine – surtout la Chine –, mais aussi un peu la Russie, la Corée du Nord et l’Iran, volent des données électorales américaines et tentent de jouer dans les systèmes de vote électronique.
Entre voler des données électorales personnelles et manipuler un résultat électoral, il y a évidemment une énorme marge, que personne n’a jamais franchie, même pas Trump dans son discours. Il s’agit de semer le doute…
Il nous dit que tout ceci était secret, au point qu’on le lui a caché.
C’est évidemment faux.
C’est, tout aussi évidemment, une ultime tentative de faire croire qu’il a gagné l’élection de 2020, remportée massivement par Joe Biden.
Et c’est l’annonce officielle de sa tentative d’ingérence à venir dans le résultat électoral des élections de mi-mandat.
C’est donc bien plus grave qu’un 90 756 793e mensonge de Donald Trump.
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Quelques heures avant ce discours sinistre, le Sénat interrogeait Jay Clayton, l’homme que Donald Trump a nommé directeur national du renseignement. À ce titre, il supervise toutes les agences américaines, à commencer par la CIA.
Quand on lui a demandé qui avait gagné l’élection présidentielle de 2020, Clayton a refusé de répondre. « Joe Biden a été assermenté », a-t-il concédé.
PHOTO MARIAM ZUHAIB, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS
Jay Clayton s’adressant au Sénat américain, mercredi, à Washington
Il va de soi qu’un subordonné de Trump ne peut pas dire publiquement qu’il a perdu cette élection.
Mais voilà l’homme que le Sénat s’apprête à confirmer comme responsable de tout le système de renseignement des États-Unis. Ce que Trump appelle l’État profond, en d’autres termes.
En même temps, le Sénat doit décider s’il confirme la nomination de l’ancien avocat de Donald Trump, Todd Blanche, à la tête du département de la Justice. Ce ministère est-il indépendant ? a demandé un sénateur. Comme tous les ministères, il relève du chef de l’exécutif, en l’occurrence le président, a répondu Blanche, exécuteur de plusieurs basses œuvres de son ancien client.
Tout est donc en place pour la mise en scène de la supposée fraude que Trump veut exposer : les morts et les étrangers qui votent (il y en a sûrement eu quelques-uns, mais aucune enquête n’a démontré que c’était autre chose que des anecdotes) ; les puissances étrangères qui trafiquent les machines électorales (une fausse affirmation avancée par Fox, qui a dû verser près de 1 milliard aux fabricants) ; que le vote par correspondance permet de tricher, comme « en Californie » (une autre fausseté).
Tout est en place aussi pour des enquêtes criminelles punitives, et peut-être même des accusations contre des adversaires.
Tout est en place enfin pour des mesures fédérales de restriction, d’empêchement, et pourquoi pas de suspension ou d’annulation du vote à certains endroits stratégiques. Avec ce qu’on vient d’entendre, la chose est loin d’être impossible.
Mais au-delà de tout cela, c’est l’idée même de l’honnêteté des résultats électoraux qui est officiellement remise en question.
Ce n’est pas nouveau pour Donald Trump ; il a même fait face à des accusations criminelles pour avoir tenté d’empêcher la certification du résultat de 2020, et encouragé l’attaque contre le Capitole.
Plusieurs présidents défaits, bien sûr, ont protesté contre les résultats. Mais depuis George Washington, la tradition de l’acceptation des résultats et de la transition pacifique du pouvoir à l’adversaire n’avait jamais été remise en question.
Et maintenant, ce mauvais perdant est président. Il s’est servi du très exceptionnel « discours à la nation » pour avancer ses thèses complotistes.
Le problème n’est pas seulement l’utilisation de ce temps d’antenne pour des fins hyperpartisanes – tellement que plusieurs réseaux ont refusé de le diffuser, ce qui leur a valu une nouvelle menace de suspension de leur licence.
Ce qui est grave, c’est la déclaration officielle par le président de la malhonnêteté du système sur lequel son pouvoir même est fondé. Un système contrôlé par un supposé « État profond » qui lui échappe.
Ce qui est plus grave encore, c’est que le Congrès républicain le laisse encore pourrir la démocratie américaine… et donc la légitimité de tous les élus.
Car si les élections sont manipulées aussi gravement, ce qu’absolument rien n’indique, aucun résultat ne tient. Aucun sénateur, aucun représentant, aucun gouverneur n’est légitime.
Et tout ce système, au cœur de l’idée révolutionnaire de 1776, est un mort-vivant.
Une démocratie-zombie, en somme.
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Méchante tête de nœud ce président ! 
S'il prétend que les élections ont été manipulées, son élection est donc aussi manipulée. Comment a-t-il fait pour être élu ?
Chose certaine, il ne peut pas prouver ce qu'il avance, c'est du chantage émotionnel afin de terrasser l'électorat pour mieux les manipuler par la suite. Et c'est ce qui s'en vient avec Blanche, sa marionnette privée, ils vont tout faire pour changer la constitution du pays pour les élections.
Évidemment, lorsque le temps sera venu et qu'il perd au midterm, il va encore dire que c'est un coup monté par les démocrates. Et tout ce qu'il prétend concernant ces manipulations aux élections, sont fondées par sa propre marde qu'il chie comme un fieffé menteur comme il l'a toujours fait pour devenir milliardaire ( même pour l'héritage de son père ).
Il est grand temps qu'il se fasse sortir de la Maison Blanche le cul sur une pelle ! 
Dédé
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