Avatar

Cri du cœur d'un paramédic ! (Forum)

par Dédé ⌂ @, lundi 20 mars 2023, 10:20 (il y a 405 jours)

Source : Le métier de paramédic s’autodétruit, estime un ambulancier

[image]


CATHERINE BOUCHARD
Lundi, 20 mars 2023 00:00
MISE À JOUR Lundi, 20 mars 2023 00:00

Un paramédic de Lévis lance un véritable cri du cœur pour sa profession, qui est ni plus ni moins en train de s’autodétruire, estime-t-il, en raison des conditions de travail difficiles.

Olivier Lafrenière, ambulancier paramédical depuis 2003, estime que lui et ses collègues font face à un manque de considération généralisé pour le système préhospitalier. Cela s’ajoute aux conditions de travail difficiles maintes fois dénoncées par les travailleurs et qui ont empiré avec le manque d’effectifs.

«Il y a tellement d’arrêts de travail, de dépression. J’en ai fait partie, confie-t-il. Beaucoup de mes collègues souffrent, s’appauvrissent de plus en plus et tombent d’épuisement, dénonce M. Lafrenière. On en paie le prix de notre santé», ajoute-t-il en entrevue au Journal.

Il a décidé de se confier et de publier une lettre ouverte sur les réseaux sociaux «parce que je suis rendu là», dit Olivier Lafrenière sans hésiter. Il précise qu’il ne s’agit pas d’une démarche syndicale, alors que le débat des conditions de travail des paramédicaux fait régulièrement les manchettes.

Des appels à l’aide

Sur son téléphone cellulaire, il montre prudemment des échanges par textos où un collègue confie avoir tenté de s’enlever la vie, il y a quelques jours. Un autre – également d’une autre compagnie ambulancière – a été sauvé in extremis de l’irréparable, récemment.

«C’est le genre de messages que je reçois de plus en plus souvent», laisse tomber celui qui travaille aujourd’hui pour Dessercom.

Il a lui-même vécu une longue période de détresse avant de faire le difficile saut vers une ressource d’aide, La Vigile. C’était le jour de sa fête.

«Le plus beau cadeau», confie Olivier, qui y a séjourné à l’automne dernier.

Il tient à souligner que son employeur offre le meilleur programme d’aide aux employés qu’il leur est probablement possible d’offrir.

«Mais ce n’est vraiment pas assez», se désole-t-il. Il pointe du doigt le gouvernement provincial qui finance en partie les entreprises ambulancières privées.

Impact sur la relève

Ses collègues et lui bénéficient aussi d’excellentes assurances collectives qui, toutefois, leur coûtent cher. Et un arrêt de travail a un impact sur le salaire, ce qui peut freiner certains à demander de l’aide. Âgé de 45 ans, M. Lafrenière constate également que la relève parle déjà de quitter la profession en début de carrière.

«Les jeunes, on n’a pas de difficulté à les engager, on a de la difficulté à les garder», explique-t-il.

Les paramédics devraient avoir des salaires et des conditions comparables aux autres métiers de l’urgence, plaide Olivier Lafrenière.

«La reconnaissance salariale n’empêche pas l’exposition à des appels dramatiques, mais elle en reconnaît la cicatrice qu’elle laisse sur nos vies», a-t-il écrit dans sa lettre partagée sur les réseaux sociaux.

Dans ses rêves les plus fous, se plaît-il à dire, le paramédic souhaiterait rencontrer le premier ministre François Legault et le ministre de la Santé, Christian Dubé, pour leur communiquer son cri du cœur.

«Si je réussis à toucher le cœur d’une personne qui a des pouvoirs décisionnels, je vais avoir réussi», termine-t-il.

Voici son cri du coeur :

Olivier Lafreniere
15 h ·
????EN QUÊTE D'UN IMPROBABLE RESPECT ENVERS UN MÉTIER QUI SE MEURT????
Un ami à moi a décidé de mettre fin à ses jours, il s'est pendu, par chance il n'est pas parvenu à ses fins. Il est paramédic. Sous un physique impressionnant se cachait un homme qui était déjà mort en dedans bien avant d'enfiler cette corde autour de son cou, il était comme plusieurs d'entre nous incapable de vivre avec ses démons. Car nous, paramédic, faisons face à la misère humaine, à sa détresse, sa violence, sa fragilité. Nous payons de notre santé mentale et physique pour protéger la population. Plus souvent qu'autrement, nos relations amoureuses en sont gravement affectées. Par surcroît, nous devons débourser des montants exorbitants pour avoir une assurance collective, puisqu’évidemment nous accumulons une quantité impressionnante de réclamation pour des antidépresseurs et des arrêts de travail dû à notre piètre condition à force d'exposition répétée à la bêtise humaine. Nous donnons pratiquement nos vies à sauver celle des autres, ne serait-il pas normal qu'on paie cette assurance pour nous en guise de reconnaissance à ce sacrifice , s'incommensurable service rendu à la société ?Pourquoi paie-t-on le prix de l'hostilité de notre travail ? Est-ce moi qui exagère les conditions extrêmes de celui-ci pour prétendre que nous méritons ce privilège? Je ne crois pas ! L'état de stress post-traumatique, le traumatisme vicariant, la dépression, problèmes de consommation, etc. Certains en ont donné de leurs vies, littéralement ! Le taux de suicide chez les paramédics est dramatiquement plus élevé que chez la population en général.

Malgré un PAE, il n'en demeure pas moins que ses programmes sont nettement insuffisants et laissent les ambulanciers paramédicaux sans réelle reconnaissance (support oui, mais reconnaissance non). Agir préventivement plutôt que curativement avec des salaires et des conditions comparables aux autres métiers de l'urgence serait le summum de la reconnaissance! Bien sûr la reconnaissance salariale n'empêche pas l'exposition à des appels dramatiques, mais elle en reconnaît la cicatrice qu'elle laisse sur nos vies. Ce que j'appelle une épidémie de séjour à la Vigile (maison de thérapie pour les métiers d’urgence) valide mes dires sur l'urgence de stopper l'hémorragie de l'exode des paramédics vers d'autres professions dû aux conditions exécrables. J'y ai moi-même séjourné 30 jours.
Nous devons depuis toujours nous battre pour faire valoir nos demandes, aucun parti politique ne semble les trouver légitimes ce qui a pour effet des avancées très modestes au fil du temps.

Beaucoup de mes collègues souffrent, se sentent délaissés, tombent d'épuisement à se donner corps et âmes pour la population.

L'étoile dans les yeux de mes pairs s'est envolée et a été remplacée par des larmes de douleur, de souffrance. Je la vois, je la vis, je la pleure aussi.
Les jeunes se demandent s'ils doivent quitter pour de meilleures conditions, les vétérans comptent les jours et les mois espérant quitter au plus vite sachant très bien que rien ne va changer.

Le travail lui est de plus en plus en mouvance, de nouveaux médicaments sont maintenant administrés, de nouveaux actes nous sont délégués. C'est stimulant que notre travail nous permettre d'en faire encore plus, mais notre charge augmente et ce sans pour autant que nos conditions en aient été bonifiées. La population vieillit, les quarts de travail de plus en plus sollicités , les ressources sur le terrain insuffisantes .

Lors des drames médiatisés, les médias citent en général l'exceptionnel travail des policiers et des pompiers, et ce avec raison, mais en omettant parfois carrément notre présence. On se sent seul, invisible, inutile. Le manque de valorisation est partout.

Les plus chanceux parviennent à quitter pour des postes supérieurs, les moins chanceux laissent leurs démons gagner la partie.

Mon sentiment d'appartenance envers mon métier s’est dissipé, mais je n’en demeure pas moins dévoué. Je me sens abandonné par le système préhospitalier qui avait vu en moi les qualités requises pour faire ce métier si sous-estimé.

Nous en sommes arrivés au point où les paramédics ont besoin à leurs tours d'être sauvés. Ce métier où la mission première est d'aider les gens va s’autodétruire s’il ne devient pas davantage attrayant et respecté. Agissons avant qu'il ne soit trop tard.

Je lance un cri du cœur, c'est assez !
Si ce texte vous parle, partagez-le !
Olivier Lafreniere Paramédic depuis 2003
La Vigile : 1-888-315-0007 ???? (24 sur 24)
Ligne de prévention du suicide : 1-866-APPELLE

___________________

Voici ce que je lui ai écrit :

Dédé Brisson

Beau et un vrai bon texte M. Lafrenière !

Je suis un estropié du métier de Technicien-Ambulancier (T.A.) depuis 1994. Estropié puisque je suis invalide à l'emploi depuis ce temps suite à un accident de travail qui a causé une lésion permanente suite à une complication d'une neurochirurgie au niveau L5-S1 ( j'ai fait une pacchyméningite post-opératoire). Le pire, cela aurait pu être éviter puisque j'ai été sommé de poursuivre mon quart de travail après l'incident et qu'on ne pouvait pas me remplacer faute de ressource de la liste de rappel.

Depuis ce temps, j'ai passé aux gammes d'émotions du moins pire au pire, car du jour au lendemain, j'étais devenu un retraité du travail à 34 ans ( j'en ai maintenant presque 64 ans ) avec en prime la douleur récurrente ( syndrome de la douleur chronique ), des hauts et des bas émotionnels et durant ces derniers, des pensées noires et une bataille interminable envers l'administration de la CNESST qui a finalement terminé en 2018 pour être reconnu invalide à l'emploi avec mon plein salaire jusqu'à 68 ans.

Déjà à cette époque, les T.A. vivaient ce que vous vivez aujourd'hui en tant que paramédics. Ce que vous avez énuméré, était exactement la même chose à cette époque que je travaillais, et j'ai commencé très jeune ( à 17 ans ) ce métier qui n'était même pas reconnu avant d'être syndicalisés. Je compatis à ce que les paramédics vivent actuellement mais il semble évident que rien ne semble vouloir aller pour le mieux pour ce noble métier.

Alors, bon courage et espérons qu'un jour qu'un illuminé politicien puisse vraiment voir le réel besoin des soins préhospitaliers et de régir de meilleures conditions et un meilleur salaire avec les conditions et les exigences requises pour faire ce métier.
Je suis de tout cœur avec votre cri venant du même endroit. ????

Dédé Brisson
_______________

Ce n'est pas demain la veille qui va changer ceci, hélas !

Dédé

--
[image]

Cliquer sur le logo pour vous rendre au site

Avatar

Cri du cœur d'un paramédic !

par Blake, lundi 20 mars 2023, 12:05 (il y a 405 jours) @ Dédé

Source : Le métier de paramédic s’autodétruit, estime un ambulancier

[image]


CATHERINE BOUCHARD
Lundi, 20 mars 2023 00:00
MISE À JOUR Lundi, 20 mars 2023 00:00

Un paramédic de Lévis lance un véritable cri du cœur pour sa profession, qui est ni plus ni moins en train de s’autodétruire, estime-t-il, en raison des conditions de travail difficiles.

Olivier Lafrenière, ambulancier paramédical depuis 2003, estime que lui et ses collègues font face à un manque de considération généralisé pour le système préhospitalier. Cela s’ajoute aux conditions de travail difficiles maintes fois dénoncées par les travailleurs et qui ont empiré avec le manque d’effectifs.

«Il y a tellement d’arrêts de travail, de dépression. J’en ai fait partie, confie-t-il. Beaucoup de mes collègues souffrent, s’appauvrissent de plus en plus et tombent d’épuisement, dénonce M. Lafrenière. On en paie le prix de notre santé», ajoute-t-il en entrevue au Journal.

Il a décidé de se confier et de publier une lettre ouverte sur les réseaux sociaux «parce que je suis rendu là», dit Olivier Lafrenière sans hésiter. Il précise qu’il ne s’agit pas d’une démarche syndicale, alors que le débat des conditions de travail des paramédicaux fait régulièrement les manchettes.

Des appels à l’aide

Sur son téléphone cellulaire, il montre prudemment des échanges par textos où un collègue confie avoir tenté de s’enlever la vie, il y a quelques jours. Un autre – également d’une autre compagnie ambulancière – a été sauvé in extremis de l’irréparable, récemment.

«C’est le genre de messages que je reçois de plus en plus souvent», laisse tomber celui qui travaille aujourd’hui pour Dessercom.

Il a lui-même vécu une longue période de détresse avant de faire le difficile saut vers une ressource d’aide, La Vigile. C’était le jour de sa fête.

«Le plus beau cadeau», confie Olivier, qui y a séjourné à l’automne dernier.

Il tient à souligner que son employeur offre le meilleur programme d’aide aux employés qu’il leur est probablement possible d’offrir.

«Mais ce n’est vraiment pas assez», se désole-t-il. Il pointe du doigt le gouvernement provincial qui finance en partie les entreprises ambulancières privées.

Impact sur la relève

Ses collègues et lui bénéficient aussi d’excellentes assurances collectives qui, toutefois, leur coûtent cher. Et un arrêt de travail a un impact sur le salaire, ce qui peut freiner certains à demander de l’aide. Âgé de 45 ans, M. Lafrenière constate également que la relève parle déjà de quitter la profession en début de carrière.

«Les jeunes, on n’a pas de difficulté à les engager, on a de la difficulté à les garder», explique-t-il.

Les paramédics devraient avoir des salaires et des conditions comparables aux autres métiers de l’urgence, plaide Olivier Lafrenière.

«La reconnaissance salariale n’empêche pas l’exposition à des appels dramatiques, mais elle en reconnaît la cicatrice qu’elle laisse sur nos vies», a-t-il écrit dans sa lettre partagée sur les réseaux sociaux.

Dans ses rêves les plus fous, se plaît-il à dire, le paramédic souhaiterait rencontrer le premier ministre François Legault et le ministre de la Santé, Christian Dubé, pour leur communiquer son cri du cœur.

«Si je réussis à toucher le cœur d’une personne qui a des pouvoirs décisionnels, je vais avoir réussi», termine-t-il.

Voici son cri du coeur :

Olivier Lafreniere
15 h ·
????EN QUÊTE D'UN IMPROBABLE RESPECT ENVERS UN MÉTIER QUI SE MEURT????
Un ami à moi a décidé de mettre fin à ses jours, il s'est pendu, par chance il n'est pas parvenu à ses fins. Il est paramédic. Sous un physique impressionnant se cachait un homme qui était déjà mort en dedans bien avant d'enfiler cette corde autour de son cou, il était comme plusieurs d'entre nous incapable de vivre avec ses démons. Car nous, paramédic, faisons face à la misère humaine, à sa détresse, sa violence, sa fragilité. Nous payons de notre santé mentale et physique pour protéger la population. Plus souvent qu'autrement, nos relations amoureuses en sont gravement affectées. Par surcroît, nous devons débourser des montants exorbitants pour avoir une assurance collective, puisqu’évidemment nous accumulons une quantité impressionnante de réclamation pour des antidépresseurs et des arrêts de travail dû à notre piètre condition à force d'exposition répétée à la bêtise humaine. Nous donnons pratiquement nos vies à sauver celle des autres, ne serait-il pas normal qu'on paie cette assurance pour nous en guise de reconnaissance à ce sacrifice , s'incommensurable service rendu à la société ?Pourquoi paie-t-on le prix de l'hostilité de notre travail ? Est-ce moi qui exagère les conditions extrêmes de celui-ci pour prétendre que nous méritons ce privilège? Je ne crois pas ! L'état de stress post-traumatique, le traumatisme vicariant, la dépression, problèmes de consommation, etc. Certains en ont donné de leurs vies, littéralement ! Le taux de suicide chez les paramédics est dramatiquement plus élevé que chez la population en général.

Malgré un PAE, il n'en demeure pas moins que ses programmes sont nettement insuffisants et laissent les ambulanciers paramédicaux sans réelle reconnaissance (support oui, mais reconnaissance non). Agir préventivement plutôt que curativement avec des salaires et des conditions comparables aux autres métiers de l'urgence serait le summum de la reconnaissance! Bien sûr la reconnaissance salariale n'empêche pas l'exposition à des appels dramatiques, mais elle en reconnaît la cicatrice qu'elle laisse sur nos vies. Ce que j'appelle une épidémie de séjour à la Vigile (maison de thérapie pour les métiers d’urgence) valide mes dires sur l'urgence de stopper l'hémorragie de l'exode des paramédics vers d'autres professions dû aux conditions exécrables. J'y ai moi-même séjourné 30 jours.
Nous devons depuis toujours nous battre pour faire valoir nos demandes, aucun parti politique ne semble les trouver légitimes ce qui a pour effet des avancées très modestes au fil du temps.

Beaucoup de mes collègues souffrent, se sentent délaissés, tombent d'épuisement à se donner corps et âmes pour la population.

L'étoile dans les yeux de mes pairs s'est envolée et a été remplacée par des larmes de douleur, de souffrance. Je la vois, je la vis, je la pleure aussi.
Les jeunes se demandent s'ils doivent quitter pour de meilleures conditions, les vétérans comptent les jours et les mois espérant quitter au plus vite sachant très bien que rien ne va changer.

Le travail lui est de plus en plus en mouvance, de nouveaux médicaments sont maintenant administrés, de nouveaux actes nous sont délégués. C'est stimulant que notre travail nous permettre d'en faire encore plus, mais notre charge augmente et ce sans pour autant que nos conditions en aient été bonifiées. La population vieillit, les quarts de travail de plus en plus sollicités , les ressources sur le terrain insuffisantes .

Lors des drames médiatisés, les médias citent en général l'exceptionnel travail des policiers et des pompiers, et ce avec raison, mais en omettant parfois carrément notre présence. On se sent seul, invisible, inutile. Le manque de valorisation est partout.

Les plus chanceux parviennent à quitter pour des postes supérieurs, les moins chanceux laissent leurs démons gagner la partie.

Mon sentiment d'appartenance envers mon métier s’est dissipé, mais je n’en demeure pas moins dévoué. Je me sens abandonné par le système préhospitalier qui avait vu en moi les qualités requises pour faire ce métier si sous-estimé.

Nous en sommes arrivés au point où les paramédics ont besoin à leurs tours d'être sauvés. Ce métier où la mission première est d'aider les gens va s’autodétruire s’il ne devient pas davantage attrayant et respecté. Agissons avant qu'il ne soit trop tard.

Je lance un cri du cœur, c'est assez !
Si ce texte vous parle, partagez-le !
Olivier Lafreniere Paramédic depuis 2003
La Vigile : 1-888-315-0007 ???? (24 sur 24)
Ligne de prévention du suicide : 1-866-APPELLE

___________________

Voici ce que je lui ai écrit :

Dédé Brisson

Beau et un vrai bon texte M. Lafrenière !

Je suis un estropié du métier de Technicien-Ambulancier (T.A.) depuis 1994. Estropié puisque je suis invalide à l'emploi depuis ce temps suite à un accident de travail qui a causé une lésion permanente suite à une complication d'une neurochirurgie au niveau L5-S1 ( j'ai fait une pacchyméningite post-opératoire). Le pire, cela aurait pu être éviter puisque j'ai été sommé de poursuivre mon quart de travail après l'incident et qu'on ne pouvait pas me remplacer faute de ressource de la liste de rappel.

Depuis ce temps, j'ai passé aux gammes d'émotions du moins pire au pire, car du jour au lendemain, j'étais devenu un retraité du travail à 34 ans ( j'en ai maintenant presque 64 ans ) avec en prime la douleur récurrente ( syndrome de la douleur chronique ), des hauts et des bas émotionnels et durant ces derniers, des pensées noires et une bataille interminable envers l'administration de la CNESST qui a finalement terminé en 2018 pour être reconnu invalide à l'emploi avec mon plein salaire jusqu'à 68 ans.

Déjà à cette époque, les T.A. vivaient ce que vous vivez aujourd'hui en tant que paramédics. Ce que vous avez énuméré, était exactement la même chose à cette époque que je travaillais, et j'ai commencé très jeune ( à 17 ans ) ce métier qui n'était même pas reconnu avant d'être syndicalisés. Je compatis à ce que les paramédics vivent actuellement mais il semble évident que rien ne semble vouloir aller pour le mieux pour ce noble métier.

Alors, bon courage et espérons qu'un jour qu'un illuminé politicien puisse vraiment voir le réel besoin des soins préhospitaliers et de régir de meilleures conditions et un meilleur salaire avec les conditions et les exigences requises pour faire ce métier.
Je suis de tout cœur avec votre cri venant du même endroit. ????

Dédé Brisson
_______________

Ce n'est pas demain la veille qui va changer ceci, hélas !

Dédé

Excellente réponse au monsieur mon Dédé. Et vraiment d'accord avec ton commentaire que j'ai mis en rouge.

Avatar

Cri du cœur d'un paramédic !

par Dédé ⌂ @, lundi 20 mars 2023, 17:03 (il y a 405 jours) @ Blake

Voici ce que je lui ai écrit :

Dédé Brisson

Beau et un vrai bon texte M. Lafrenière !

Je suis un estropié du métier de Technicien-Ambulancier (T.A.) depuis 1994. Estropié puisque je suis invalide à l'emploi depuis ce temps suite à un accident de travail qui a causé une lésion permanente suite à une complication d'une neurochirurgie au niveau L5-S1 ( j'ai fait une pacchyméningite post-opératoire). Le pire, cela aurait pu être éviter puisque j'ai été sommé de poursuivre mon quart de travail après l'incident et qu'on ne pouvait pas me remplacer faute de ressource de la liste de rappel.

Depuis ce temps, j'ai passé aux gammes d'émotions du moins pire au pire, car du jour au lendemain, j'étais devenu un retraité du travail à 34 ans ( j'en ai maintenant presque 64 ans ) avec en prime la douleur récurrente ( syndrome de la douleur chronique ), des hauts et des bas émotionnels et durant ces derniers, des pensées noires et une bataille interminable envers l'administration de la CNESST qui a finalement terminé en 2018 pour être reconnu invalide à l'emploi avec mon plein salaire jusqu'à 68 ans.

Déjà à cette époque, les T.A. vivaient ce que vous vivez aujourd'hui en tant que paramédics. Ce que vous avez énuméré, était exactement la même chose à cette époque que je travaillais, et j'ai commencé très jeune ( à 17 ans ) ce métier qui n'était même pas reconnu avant d'être syndicalisés. Je compatis à ce que les paramédics vivent actuellement mais il semble évident que rien ne semble vouloir aller pour le mieux pour ce noble métier.

Alors, bon courage et espérons qu'un jour qu'un illuminé politicien puisse vraiment voir le réel besoin des soins préhospitaliers et de régir de meilleures conditions et un meilleur salaire avec les conditions et les exigences requises pour faire ce métier.
Je suis de tout cœur avec votre cri venant du même endroit. ????

Dédé Brisson
_______________

Ce n'est pas demain la veille qui va changer ceci, hélas !

Dédé


Excellente réponse au monsieur mon Dédé. Et vraiment d'accord avec ton commentaire que j'ai mis en rouge.

_____________________

Je me souviens lorsque j'ai débuté ce métier, j'avais 17 ans en chemin vers 18 ans deux mois plus tard. Nous avions des anciens corbillards comme ambulance, nous avions une civière, une petite mallette de docteur avec un contenu de compressifs, des bandes au gaze et une bouteille d'oxygène fixe dans l'ambulance. J'étais à la fin de ce temps parce que 2 ans plus tard, les corbillards étaient remplacés par des camionnettes à panel montées par le propriétaire. Ça faisait dur en tabarnack ! :D

Le salaire, il faisait encore plus dur. Nous n'étions pas payés à l'heure, mais bien par appel. Nous avions une faction de disponibilité qui durait la plupart du temps, 24 heures et nous étions pour la grande région de St-Jérôme, que trois équipes de deux, le chauffeur devait héberger le préposé pour le temps des factions ou, être proche l'un et de l'autre chacun chez soi. Pendant les factions, il n'était pas question de faire des emplettes et ni faire du social. La venue des pagettes ont changé un brin cette coutume en ayant sur soi celle-ci lors des journées de faction et de disponibilité. La durée d'une faction de 12 heures, nous donnait $12.00 et après 3 appels, nous avions $5.00 l'appel. Il n'était pas rare que nous en faisions une douzaine par faction de 12 heures.

C'était fou raide mais la plupart s'en câlissait, l'adrénaline retrouvée durant les appels valait la peine d'être vécu, nous étions indispensables pour sauver des vies et nous avions le net contrôle de la situation de soins d'urgence.

Nous nous sommes battus pour avoir une reconnaissance médicale avec les programmes d'instruction du métier à l'époque qui n'étaient même pas reconnus par le ministère de l'éducation. Après nous avoir syndiqués, c'est là que tout a changé, ça été très dure bataille au début de l'année 1984 sur la syndicalisation des employés de chaque compagnie de transport ambulancier. Le salaire dépassait largement celui du minimum à l'époque et nous avions des factions à l'heure ( 8-10-12 heures par jour selon les secteurs ). Chaque véhicule avait tout le matériel nécessaire pour chaque intervention des cas par cas. Il n'était plus question de quémander aux Urgences des 4x4 ( pansement au gaze ) pour remplacer ceux que nous avions utilisé.

Depuis la loi sur les services essentielles, il est difficile de faire une grève, parce que nous serions immédiatement enfermés dans une cage à poule !

Les gouvernements, se foutent des conditions de travail au service préhospitalier, ils s'en lavent les mains parce qu'il y a un budget qui ne doit pas être dépassé, quel que soit les raisons qui obligeraient le dépassement. En autant que les cadres sont bien payés et qu'ils représentent l'image du produit, tout en performant avec ce qu'ils reçoivent comme budget !

Le service ambulancier est pour plusieurs régions du Québec, privé. Seuls les salaires sont étatisés. Plus l'agglomération d'une municipalité est énorme, plus le service est déficient, parce que budgété. Évidemment, la main-d'oeuvre est importante mais les conditions de travail vont avec la disponibilité des véhicules durant les factions de travail. Juste regarder Montréal, les conditions de travail sont atroces puisque le temps supplémentaire est obligatoire. Les équipes savent lorsque qu'elles débutent leur faction mais ne savent pas à quelle heure qu'elle va se terminer. Et le temps médian ( demi-heure de dîner ) est pratiquement une science-fiction ! :D

En fait, il faut aimer ce métier et être prêt à faire face à l'adversité, parce qu'il va toujours en avoir. Il demeure toutefois à avoir une meilleure éducation pour ce genre de travail parce que la plupart pense qu'il débutera à temps plein mais ce n'est pas le cas. C'est là le hic, les jeunes ne voient que le bon côté sans voir les conditions à l'enjeu. Le salaire est alléchant mais lorsque ils débutent, ils ne sont que des remplaçants avec une disponibilité obligatoire sur une liste de disponibilité de la source de remplacement. Ils peuvent faire 12 heures et plus par semaine mais la liste dépendamment de l'endroit de travail, est tellement longue que parfois ils se retrouvent sans salaire. À moins bien sûr avoir un autre job. Avec une telle condition, la pénurie de main-d'oeuvre peut bien existée.

--
[image]

Cliquer sur le logo pour vous rendre au site

Avatar

Cri du cœur d'un paramédic !

par Blake, lundi 20 mars 2023, 21:12 (il y a 405 jours) @ Dédé

Voici ce que je lui ai écrit :

Dédé Brisson

Beau et un vrai bon texte M. Lafrenière !

Je suis un estropié du métier de Technicien-Ambulancier (T.A.) depuis 1994. Estropié puisque je suis invalide à l'emploi depuis ce temps suite à un accident de travail qui a causé une lésion permanente suite à une complication d'une neurochirurgie au niveau L5-S1 ( j'ai fait une pacchyméningite post-opératoire). Le pire, cela aurait pu être éviter puisque j'ai été sommé de poursuivre mon quart de travail après l'incident et qu'on ne pouvait pas me remplacer faute de ressource de la liste de rappel.

Depuis ce temps, j'ai passé aux gammes d'émotions du moins pire au pire, car du jour au lendemain, j'étais devenu un retraité du travail à 34 ans ( j'en ai maintenant presque 64 ans ) avec en prime la douleur récurrente ( syndrome de la douleur chronique ), des hauts et des bas émotionnels et durant ces derniers, des pensées noires et une bataille interminable envers l'administration de la CNESST qui a finalement terminé en 2018 pour être reconnu invalide à l'emploi avec mon plein salaire jusqu'à 68 ans.

Déjà à cette époque, les T.A. vivaient ce que vous vivez aujourd'hui en tant que paramédics. Ce que vous avez énuméré, était exactement la même chose à cette époque que je travaillais, et j'ai commencé très jeune ( à 17 ans ) ce métier qui n'était même pas reconnu avant d'être syndicalisés. Je compatis à ce que les paramédics vivent actuellement mais il semble évident que rien ne semble vouloir aller pour le mieux pour ce noble métier.

Alors, bon courage et espérons qu'un jour qu'un illuminé politicien puisse vraiment voir le réel besoin des soins préhospitaliers et de régir de meilleures conditions et un meilleur salaire avec les conditions et les exigences requises pour faire ce métier.
Je suis de tout cœur avec votre cri venant du même endroit. ????

Dédé Brisson
_______________

Ce n'est pas demain la veille qui va changer ceci, hélas !

Dédé


Excellente réponse au monsieur mon Dédé. Et vraiment d'accord avec ton commentaire que j'ai mis en rouge.

_____________________

Je me souviens lorsque j'ai débuté ce métier, j'avais 17 ans en chemin vers 18 ans deux mois plus tard. Nous avions des anciens corbillards comme ambulance, nous avions une civière, une petite mallette de docteur avec un contenu de compressifs, des bandes au gaze et une bouteille d'oxygène fixe dans l'ambulance. J'étais à la fin de ce temps parce que 2 ans plus tard, les corbillards étaient remplacés par des camionnettes à panel montées par le propriétaire. Ça faisait dur en tabarnack ! :D

Le salaire, il faisait encore plus dur. Nous n'étions pas payés à l'heure, mais bien par appel. Nous avions une faction de disponibilité qui durait la plupart du temps, 24 heures et nous étions pour la grande région de St-Jérôme, que trois équipes de deux, le chauffeur devait héberger le préposé pour le temps des factions ou, être proche l'un et de l'autre chacun chez soi. Pendant les factions, il n'était pas question de faire des emplettes et ni faire du social. La venue des pagettes ont changé un brin cette coutume en ayant sur soi celle-ci lors des journées de faction et de disponibilité. La durée d'une faction de 12 heures, nous donnait $12.00 et après 3 appels, nous avions $5.00 l'appel. Il n'était pas rare que nous en faisions une douzaine par faction de 12 heures.

C'était fou raide mais la plupart s'en câlissait, l'adrénaline retrouvée durant les appels valait la peine d'être vécu, nous étions indispensables pour sauver des vies et nous avions le net contrôle de la situation de soins d'urgence.

Nous nous sommes battus pour avoir une reconnaissance médicale avec les programmes d'instruction du métier à l'époque qui n'étaient même pas reconnus par le ministère de l'éducation. Après nous avoir syndiqués, c'est là que tout a changé, ça été très dure bataille au début de l'année 1984 sur la syndicalisation des employés de chaque compagnie de transport ambulancier. Le salaire dépassait largement celui du minimum à l'époque et nous avions des factions à l'heure ( 8-10-12 heures par jour selon les secteurs ). Chaque véhicule avait tout le matériel nécessaire pour chaque intervention des cas par cas. Il n'était plus question de quémander aux Urgences des 4x4 ( pansement au gaze ) pour remplacer ceux que nous avions utilisé.

Depuis la loi sur les services essentielles, il est difficile de faire une grève, parce que nous serions immédiatement enfermés dans une cage à poule !

Les gouvernements, se foutent des conditions de travail au service préhospitalier, ils s'en lavent les mains parce qu'il y a un budget qui ne doit pas être dépassé, quel que soit les raisons qui obligeraient le dépassement. En autant que les cadres sont bien payés et qu'ils représentent l'image du produit, tout en performant avec ce qu'ils reçoivent comme budget !

Le service ambulancier est pour plusieurs régions du Québec, privé. Seuls les salaires sont étatisés. Plus l'agglomération d'une municipalité est énorme, plus le service est déficient, parce que budgété. Évidemment, la main-d'oeuvre est importante mais les conditions de travail vont avec la disponibilité des véhicules durant les factions de travail. Juste regarder Montréal, les conditions de travail sont atroces puisque le temps supplémentaire est obligatoire. Les équipes savent lorsque qu'elles débutent leur faction mais ne savent pas à quelle heure qu'elle va se terminer. Et le temps médian ( demi-heure de dîner ) est pratiquement une science-fiction ! :D

En fait, il faut aimer ce métier et être prêt à faire face à l'adversité, parce qu'il va toujours en avoir. Il demeure toutefois à avoir une meilleure éducation pour ce genre de travail parce que la plupart pense qu'il débutera à temps plein mais ce n'est pas le cas. C'est là le hic, les jeunes ne voient que le bon côté sans voir les conditions à l'enjeu. Le salaire est alléchant mais lorsque ils débutent, ils ne sont que des remplaçants avec une disponibilité obligatoire sur une liste de disponibilité de la source de remplacement. Ils peuvent faire 12 heures et plus par semaine mais la liste dépendamment de l'endroit de travail, est tellement longue que parfois ils se retrouvent sans salaire. À moins bien sûr avoir un autre job. Avec une telle condition, la pénurie de main-d'oeuvre peut bien existée.

Pas étonnant que les gens font autre chose que cette job.

Avatar

Cri du cœur d'un paramédic !

par Dédé ⌂ @, lundi 20 mars 2023, 21:25 (il y a 405 jours) @ Blake

Voici ce que je lui ai écrit :

Dédé Brisson

Beau et un vrai bon texte M. Lafrenière !

Je suis un estropié du métier de Technicien-Ambulancier (T.A.) depuis 1994. Estropié puisque je suis invalide à l'emploi depuis ce temps suite à un accident de travail qui a causé une lésion permanente suite à une complication d'une neurochirurgie au niveau L5-S1 ( j'ai fait une pacchyméningite post-opératoire). Le pire, cela aurait pu être éviter puisque j'ai été sommé de poursuivre mon quart de travail après l'incident et qu'on ne pouvait pas me remplacer faute de ressource de la liste de rappel.

Depuis ce temps, j'ai passé aux gammes d'émotions du moins pire au pire, car du jour au lendemain, j'étais devenu un retraité du travail à 34 ans ( j'en ai maintenant presque 64 ans ) avec en prime la douleur récurrente ( syndrome de la douleur chronique ), des hauts et des bas émotionnels et durant ces derniers, des pensées noires et une bataille interminable envers l'administration de la CNESST qui a finalement terminé en 2018 pour être reconnu invalide à l'emploi avec mon plein salaire jusqu'à 68 ans.

Déjà à cette époque, les T.A. vivaient ce que vous vivez aujourd'hui en tant que paramédics. Ce que vous avez énuméré, était exactement la même chose à cette époque que je travaillais, et j'ai commencé très jeune ( à 17 ans ) ce métier qui n'était même pas reconnu avant d'être syndicalisés. Je compatis à ce que les paramédics vivent actuellement mais il semble évident que rien ne semble vouloir aller pour le mieux pour ce noble métier.

Alors, bon courage et espérons qu'un jour qu'un illuminé politicien puisse vraiment voir le réel besoin des soins préhospitaliers et de régir de meilleures conditions et un meilleur salaire avec les conditions et les exigences requises pour faire ce métier.
Je suis de tout cœur avec votre cri venant du même endroit. ????

Dédé Brisson
_______________

Ce n'est pas demain la veille qui va changer ceci, hélas !

Dédé


Excellente réponse au monsieur mon Dédé. Et vraiment d'accord avec ton commentaire que j'ai mis en rouge.

_____________________

Je me souviens lorsque j'ai débuté ce métier, j'avais 17 ans en chemin vers 18 ans deux mois plus tard. Nous avions des anciens corbillards comme ambulance, nous avions une civière, une petite mallette de docteur avec un contenu de compressifs, des bandes au gaze et une bouteille d'oxygène fixe dans l'ambulance. J'étais à la fin de ce temps parce que 2 ans plus tard, les corbillards étaient remplacés par des camionnettes à panel montées par le propriétaire. Ça faisait dur en tabarnack ! :D

Le salaire, il faisait encore plus dur. Nous n'étions pas payés à l'heure, mais bien par appel. Nous avions une faction de disponibilité qui durait la plupart du temps, 24 heures et nous étions pour la grande région de St-Jérôme, que trois équipes de deux, le chauffeur devait héberger le préposé pour le temps des factions ou, être proche l'un et de l'autre chacun chez soi. Pendant les factions, il n'était pas question de faire des emplettes et ni faire du social. La venue des pagettes ont changé un brin cette coutume en ayant sur soi celle-ci lors des journées de faction et de disponibilité. La durée d'une faction de 12 heures, nous donnait $12.00 et après 3 appels, nous avions $5.00 l'appel. Il n'était pas rare que nous en faisions une douzaine par faction de 12 heures.

C'était fou raide mais la plupart s'en câlissait, l'adrénaline retrouvée durant les appels valait la peine d'être vécu, nous étions indispensables pour sauver des vies et nous avions le net contrôle de la situation de soins d'urgence.

Nous nous sommes battus pour avoir une reconnaissance médicale avec les programmes d'instruction du métier à l'époque qui n'étaient même pas reconnus par le ministère de l'éducation. Après nous avoir syndiqués, c'est là que tout a changé, ça été très dure bataille au début de l'année 1984 sur la syndicalisation des employés de chaque compagnie de transport ambulancier. Le salaire dépassait largement celui du minimum à l'époque et nous avions des factions à l'heure ( 8-10-12 heures par jour selon les secteurs ). Chaque véhicule avait tout le matériel nécessaire pour chaque intervention des cas par cas. Il n'était plus question de quémander aux Urgences des 4x4 ( pansement au gaze ) pour remplacer ceux que nous avions utilisé.

Depuis la loi sur les services essentielles, il est difficile de faire une grève, parce que nous serions immédiatement enfermés dans une cage à poule !

Les gouvernements, se foutent des conditions de travail au service préhospitalier, ils s'en lavent les mains parce qu'il y a un budget qui ne doit pas être dépassé, quel que soit les raisons qui obligeraient le dépassement. En autant que les cadres sont bien payés et qu'ils représentent l'image du produit, tout en performant avec ce qu'ils reçoivent comme budget !

Le service ambulancier est pour plusieurs régions du Québec, privé. Seuls les salaires sont étatisés. Plus l'agglomération d'une municipalité est énorme, plus le service est déficient, parce que budgété. Évidemment, la main-d'oeuvre est importante mais les conditions de travail vont avec la disponibilité des véhicules durant les factions de travail. Juste regarder Montréal, les conditions de travail sont atroces puisque le temps supplémentaire est obligatoire. Les équipes savent lorsque qu'elles débutent leur faction mais ne savent pas à quelle heure qu'elle va se terminer. Et le temps médian ( demi-heure de dîner ) est pratiquement une science-fiction ! :D

En fait, il faut aimer ce métier et être prêt à faire face à l'adversité, parce qu'il va toujours en avoir. Il demeure toutefois à avoir une meilleure éducation pour ce genre de travail parce que la plupart pense qu'il débutera à temps plein mais ce n'est pas le cas. C'est là le hic, les jeunes ne voient que le bon côté sans voir les conditions à l'enjeu. Le salaire est alléchant mais lorsque ils débutent, ils ne sont que des remplaçants avec une disponibilité obligatoire sur une liste de disponibilité de la source de remplacement. Ils peuvent faire 12 heures et plus par semaine mais la liste dépendamment de l'endroit de travail, est tellement longue que parfois ils se retrouvent sans salaire. À moins bien sûr avoir un autre job. Avec une telle condition, la pénurie de main-d'oeuvre peut bien existée.


Pas étonnant que les gens font autre chose que cette job.

________________

Il y a absolument rien pour encourager à faire ce métier, même avec un salaire de 25$/heure en débutant, surtout avec ces conditions de travail.

--
[image]

Cliquer sur le logo pour vous rendre au site

Avatar

Cri du cœur d'un paramédic !

par Blake, mardi 21 mars 2023, 01:00 (il y a 404 jours) @ Dédé

Voici ce que je lui ai écrit :

Dédé Brisson

Beau et un vrai bon texte M. Lafrenière !

Je suis un estropié du métier de Technicien-Ambulancier (T.A.) depuis 1994. Estropié puisque je suis invalide à l'emploi depuis ce temps suite à un accident de travail qui a causé une lésion permanente suite à une complication d'une neurochirurgie au niveau L5-S1 ( j'ai fait une pacchyméningite post-opératoire). Le pire, cela aurait pu être éviter puisque j'ai été sommé de poursuivre mon quart de travail après l'incident et qu'on ne pouvait pas me remplacer faute de ressource de la liste de rappel.

Depuis ce temps, j'ai passé aux gammes d'émotions du moins pire au pire, car du jour au lendemain, j'étais devenu un retraité du travail à 34 ans ( j'en ai maintenant presque 64 ans ) avec en prime la douleur récurrente ( syndrome de la douleur chronique ), des hauts et des bas émotionnels et durant ces derniers, des pensées noires et une bataille interminable envers l'administration de la CNESST qui a finalement terminé en 2018 pour être reconnu invalide à l'emploi avec mon plein salaire jusqu'à 68 ans.

Déjà à cette époque, les T.A. vivaient ce que vous vivez aujourd'hui en tant que paramédics. Ce que vous avez énuméré, était exactement la même chose à cette époque que je travaillais, et j'ai commencé très jeune ( à 17 ans ) ce métier qui n'était même pas reconnu avant d'être syndicalisés. Je compatis à ce que les paramédics vivent actuellement mais il semble évident que rien ne semble vouloir aller pour le mieux pour ce noble métier.

Alors, bon courage et espérons qu'un jour qu'un illuminé politicien puisse vraiment voir le réel besoin des soins préhospitaliers et de régir de meilleures conditions et un meilleur salaire avec les conditions et les exigences requises pour faire ce métier.
Je suis de tout cœur avec votre cri venant du même endroit. ????

Dédé Brisson
_______________

Ce n'est pas demain la veille qui va changer ceci, hélas !

Dédé


Excellente réponse au monsieur mon Dédé. Et vraiment d'accord avec ton commentaire que j'ai mis en rouge.

_____________________

Je me souviens lorsque j'ai débuté ce métier, j'avais 17 ans en chemin vers 18 ans deux mois plus tard. Nous avions des anciens corbillards comme ambulance, nous avions une civière, une petite mallette de docteur avec un contenu de compressifs, des bandes au gaze et une bouteille d'oxygène fixe dans l'ambulance. J'étais à la fin de ce temps parce que 2 ans plus tard, les corbillards étaient remplacés par des camionnettes à panel montées par le propriétaire. Ça faisait dur en tabarnack ! :D

Le salaire, il faisait encore plus dur. Nous n'étions pas payés à l'heure, mais bien par appel. Nous avions une faction de disponibilité qui durait la plupart du temps, 24 heures et nous étions pour la grande région de St-Jérôme, que trois équipes de deux, le chauffeur devait héberger le préposé pour le temps des factions ou, être proche l'un et de l'autre chacun chez soi. Pendant les factions, il n'était pas question de faire des emplettes et ni faire du social. La venue des pagettes ont changé un brin cette coutume en ayant sur soi celle-ci lors des journées de faction et de disponibilité. La durée d'une faction de 12 heures, nous donnait $12.00 et après 3 appels, nous avions $5.00 l'appel. Il n'était pas rare que nous en faisions une douzaine par faction de 12 heures.

C'était fou raide mais la plupart s'en câlissait, l'adrénaline retrouvée durant les appels valait la peine d'être vécu, nous étions indispensables pour sauver des vies et nous avions le net contrôle de la situation de soins d'urgence.

Nous nous sommes battus pour avoir une reconnaissance médicale avec les programmes d'instruction du métier à l'époque qui n'étaient même pas reconnus par le ministère de l'éducation. Après nous avoir syndiqués, c'est là que tout a changé, ça été très dure bataille au début de l'année 1984 sur la syndicalisation des employés de chaque compagnie de transport ambulancier. Le salaire dépassait largement celui du minimum à l'époque et nous avions des factions à l'heure ( 8-10-12 heures par jour selon les secteurs ). Chaque véhicule avait tout le matériel nécessaire pour chaque intervention des cas par cas. Il n'était plus question de quémander aux Urgences des 4x4 ( pansement au gaze ) pour remplacer ceux que nous avions utilisé.

Depuis la loi sur les services essentielles, il est difficile de faire une grève, parce que nous serions immédiatement enfermés dans une cage à poule !

Les gouvernements, se foutent des conditions de travail au service préhospitalier, ils s'en lavent les mains parce qu'il y a un budget qui ne doit pas être dépassé, quel que soit les raisons qui obligeraient le dépassement. En autant que les cadres sont bien payés et qu'ils représentent l'image du produit, tout en performant avec ce qu'ils reçoivent comme budget !

Le service ambulancier est pour plusieurs régions du Québec, privé. Seuls les salaires sont étatisés. Plus l'agglomération d'une municipalité est énorme, plus le service est déficient, parce que budgété. Évidemment, la main-d'oeuvre est importante mais les conditions de travail vont avec la disponibilité des véhicules durant les factions de travail. Juste regarder Montréal, les conditions de travail sont atroces puisque le temps supplémentaire est obligatoire. Les équipes savent lorsque qu'elles débutent leur faction mais ne savent pas à quelle heure qu'elle va se terminer. Et le temps médian ( demi-heure de dîner ) est pratiquement une science-fiction ! :D

En fait, il faut aimer ce métier et être prêt à faire face à l'adversité, parce qu'il va toujours en avoir. Il demeure toutefois à avoir une meilleure éducation pour ce genre de travail parce que la plupart pense qu'il débutera à temps plein mais ce n'est pas le cas. C'est là le hic, les jeunes ne voient que le bon côté sans voir les conditions à l'enjeu. Le salaire est alléchant mais lorsque ils débutent, ils ne sont que des remplaçants avec une disponibilité obligatoire sur une liste de disponibilité de la source de remplacement. Ils peuvent faire 12 heures et plus par semaine mais la liste dépendamment de l'endroit de travail, est tellement longue que parfois ils se retrouvent sans salaire. À moins bien sûr avoir un autre job. Avec une telle condition, la pénurie de main-d'oeuvre peut bien existée.


Pas étonnant que les gens font autre chose que cette job.

________________

Il y a absolument rien pour encourager à faire ce métier, même avec un salaire de 25$/heure en débutant, surtout avec ces conditions de travail.

Tout à fait vrai. Et c'est dommage car c'est une job tellement importante pour sauver des gens.

Détresse chez les paramédics: du jamais vu dans les demandes

par Jéromec, mardi 21 mars 2023, 08:51 (il y a 404 jours) @ Dédé

tous les partis politiques sont â vomir en ce moment...
<img src=" />

https://www.journaldequebec.com/2023/03/20/detresse-chez-les-paramedics--du-jamais-vu-d...

Détresse chez les paramédics: du jamais vu dans les demandes d’aide à Lévis

Logo de la journaliste Catherine Bouchard du Journal de Quebec, vendredi le 29 mars 2019. STEVENS LEBLANC/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI)
CATHERINE BOUCHARD
Lundi, 20 mars 2023 14:33
MISE À JOUR Lundi, 20 mars 2023 14:33
Dessercom, une compagnie ambulancière située à Lévis, admet que les demandes d’aide de ses employés atteignent des sommets jamais vus et s’inquiète pour le moral de ses troupes, en réaction à un cri du cœur d’un de ses paramédics.

• À lire aussi: Le métier de paramédic s’autodétruit, estime un ambulancier


Lundi, Le Journal a publié une entrevue avec Olivier Lafrenière, un ambulancier de Lévis qui dénonçait sur les réseaux sociaux la détresse et le manque de reconnaissance que vivent ses collègues.


«On l’appuie dans cette démarche-là. Effectivement que ce n’est pas facile», lance d’entrée de jeu Marc Bouchard, directeur des opérations chez Dessercom.

Le directeur ne s’en cache pas. Tout comme Olivier, il s’inquiète pour le moral de ses troupes, particulièrement en cette «fin» de pandémie, où les demandes d’aide atteignent des sommets jamais vus.

«On n'a jamais eu autant de demandes d'aide de la part de nos employés, laisse-t-il tomber. On a vraiment senti qu’il y avait un mouvement de détresse. Ça s’est accentué et ça perdure.»

M. Bouchard souligne que la détresse est souvent multifactorielle et qu’accompagner ses employés pour qu’ils se remettent sur pieds peut être un gros défi.

«La détresse, on la sent bien, mais c’est quoi, le remède? C’est ça, l’enjeu», se désole M. Bouchard.

Une fébrilité à Lévis

Il croit que la situation est accentuée à Lévis par rapport à la dizaine de casernes situées un peu partout en Chaudière-Appalaches et dans la Capitale-Nationale.

Depuis quelque temps, une certaine fébrilité se ressent dans les couloirs.

«Chez plusieurs personnes, pas seulement chez Olivier, je sentais qu’il y avait quelque chose qui était palpable, des gens qui ne se sentaient pas bien, précise M. Bouchard. Pourquoi? C’est ce que l’on tente de déterminer.»

Bien que la démarche n’en était pas une syndicale, le directeur des opérations rappelle qu’ils sont en renouvellement de convention collective et estime donc délicat, dans le contexte, de donner ses impressions sur l’implication actuelle du gouvernement dans les conditions de travail.

Toutefois, il avance que l’appareil gouvernemental a encore du chemin à faire, en termes de reconnaissance envers les paramédics.

«Le ministre [de la Santé, Christian] Dubé, en a parlé dans son plan santé, que les paramédics soient au cœur du système de santé, mais présentement, ce n’est pas ce qu’on ressent. Ce n’est pas ce qu’on ressent de la part du gouvernement», termine M. Bouchard.

Avatar

Détresse chez les paramédics: du jamais vu dans les demandes

par Blake, mardi 21 mars 2023, 12:20 (il y a 404 jours) @ Jéromec

tous les partis politiques sont â vomir en ce moment...
<img src=" />

https://www.journaldequebec.com/2023/03/20/detresse-chez-les-paramedics--du-jamais-vu-d...

Détresse chez les paramédics: du jamais vu dans les demandes d’aide à Lévis

Logo de la journaliste Catherine Bouchard du Journal de Quebec, vendredi le 29 mars 2019. STEVENS LEBLANC/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI)
CATHERINE BOUCHARD
Lundi, 20 mars 2023 14:33
MISE À JOUR Lundi, 20 mars 2023 14:33
Dessercom, une compagnie ambulancière située à Lévis, admet que les demandes d’aide de ses employés atteignent des sommets jamais vus et s’inquiète pour le moral de ses troupes, en réaction à un cri du cœur d’un de ses paramédics.

• À lire aussi: Le métier de paramédic s’autodétruit, estime un ambulancier


Lundi, Le Journal a publié une entrevue avec Olivier Lafrenière, un ambulancier de Lévis qui dénonçait sur les réseaux sociaux la détresse et le manque de reconnaissance que vivent ses collègues.


«On l’appuie dans cette démarche-là. Effectivement que ce n’est pas facile», lance d’entrée de jeu Marc Bouchard, directeur des opérations chez Dessercom.

Le directeur ne s’en cache pas. Tout comme Olivier, il s’inquiète pour le moral de ses troupes, particulièrement en cette «fin» de pandémie, où les demandes d’aide atteignent des sommets jamais vus.

«On n'a jamais eu autant de demandes d'aide de la part de nos employés, laisse-t-il tomber. On a vraiment senti qu’il y avait un mouvement de détresse. Ça s’est accentué et ça perdure.»

M. Bouchard souligne que la détresse est souvent multifactorielle et qu’accompagner ses employés pour qu’ils se remettent sur pieds peut être un gros défi.

«La détresse, on la sent bien, mais c’est quoi, le remède? C’est ça, l’enjeu», se désole M. Bouchard.

Une fébrilité à Lévis

Il croit que la situation est accentuée à Lévis par rapport à la dizaine de casernes situées un peu partout en Chaudière-Appalaches et dans la Capitale-Nationale.

Depuis quelque temps, une certaine fébrilité se ressent dans les couloirs.

«Chez plusieurs personnes, pas seulement chez Olivier, je sentais qu’il y avait quelque chose qui était palpable, des gens qui ne se sentaient pas bien, précise M. Bouchard. Pourquoi? C’est ce que l’on tente de déterminer.»

Bien que la démarche n’en était pas une syndicale, le directeur des opérations rappelle qu’ils sont en renouvellement de convention collective et estime donc délicat, dans le contexte, de donner ses impressions sur l’implication actuelle du gouvernement dans les conditions de travail.

Toutefois, il avance que l’appareil gouvernemental a encore du chemin à faire, en termes de reconnaissance envers les paramédics.

«Le ministre [de la Santé, Christian] Dubé, en a parlé dans son plan santé, que les paramédics soient au cœur du système de santé, mais présentement, ce n’est pas ce qu’on ressent. Ce n’est pas ce qu’on ressent de la part du gouvernement», termine M. Bouchard.

Il est temps en crisse que Dubé se mette un peu le nez là-dedans pour les inclure dans l'amélioration du système de santé.

Fil RSS du sujet
powered by my little forum