La crise du PLQ sauvera-t-elle la CAQ ? (Forum)
Source : La chance de François Legault
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Yves Boisvert
La Presse
Publié à 5H00
Il est rare que le congédiement d’un chef de cabinet déclenche les passions.
Et pourtant, depuis cinq jours, on croirait que tout l’édifice du Parti libéral du Québec vacille.
Quelle ironie. François Legault et ses stratèges ont élaboré toutes sortes de plans pour regagner l’estime des Québécois : une constitution, un discours économique nationaliste, une réforme de la santé… Mais ce seront peut-être les libéraux eux-mêmes qui, de manière inespérée, redonneront vie à la Coalition avenir Québec, comme adversaire principal du Parti québécois.
Que sait-on au juste jusqu’ici de cette chicane de famille libérale qui tourne au psychodrame politique ?
La cheffe de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale du Québec, Marwah Rizqy, a congédié sa cheffe de cabinet, Geneviève Hinse. Mme Hinse avait été nommée par le nouveau chef du PLQ, Pablo Rodriguez, avec qui elle travaille depuis des années. Mais techniquement, elle relevait de Marwah Rizqy.
On sait aussi que Mme Rizqy a mis son chef de parti devant le fait accompli. Ce qui est pour le moins singulier, étant donné que le chef en question, non encore élu, est censé travailler la main dans la main avec celle qui est le visage du PLQ à l’Assemblée nationale. D’autant que Pablo Rodriguez a été soutenu par Marwah Rizqy dans sa course au leadership.
On sait aussi, ce n’est pas un détail, que tout cela se fait très publiquement. La réunion n’a pas encore eu lieu que des médias attendent déjà un Pablo Rodriguez sonné qui ne sait pas trop quoi dire, vu qu’il ne sait pas trop ce qui se passe.
Pourquoi ce congédiement ? On parle de « faute grave ».
L’expression est lourde de sens juridique. En droit du travail, une faute grave est un acte qui entraîne irrémédiablement la rupture du lien de confiance et justifie un congédiement immédiat, ce qui est la « peine de mort » disciplinaire. Ça va de l’incompétence crasse au vol, en passant par la fraude, l’abus de confiance, etc.
Ça sent le soufre ! Sauf qu’on n’a aucun détail.
Marwah Rizqy, sommée de dire quelle est cette faute grave, répond maintenant en parlant de « manquements à l’éthique » et d’actes répétés d’« insubordination ».
L’insubordination, ça peut vouloir dire beaucoup de choses. Refus d’effectuer une tâche. Insulte à un supérieur. Etc. Pour que ça devienne une « faute grave », il en faut épais.
Dans sa poursuite déposée vendredi, Mme Hinse reproche à Marwah Rizqy d’avoir fait fuiter de l’information aux médias pour contrôler le récit depuis le début. Si ce n’est pas cela, ça y ressemble drôlement, il faut bien l’avouer.
Drôle de coïncidence, Le Journal de Montréal publie une série d’échanges de messages textes entre deux bureaux de circonscription. Il semble y être question de paiements de 100 $, ou « brownies », en échange de votes pour Pablo Rodriguez.
OK, mais qui a écrit ça ? À qui ? Et ça prouve quoi ? Mystère.
Ça n’a aucun rapport à première vue. Mais cela vient recouvrir le congédiement d’une lumière un peu glauque. Un peu comme si Mme Hinse avait trempé dans des manœuvres douteuses. Ce dont on n’a pas la moindre preuve.
D’ailleurs, autre élément ayant fuité dans les médias, une rumeur circule selon laquelle Mme Hinse aurait utilisé des fonds publics à des fins partisanes. Tous les chefs de cabinet à ce niveau ont des activités parlementaires et des activités partisanes en dehors des heures de bureau. Mme Hinse dit dans sa poursuite qu’elle-même a voulu établir des lignes directrices pour départager ces deux fonctions.
Voilà à peu près ce qu’on sait. De cet ensemble de faits sommaires, c’était couru, on ne s’est pas privé dans l’opposition pour persifler : encore le « même vieux Parti libéral », aux prises avec « des problèmes d’éthique depuis 20 ans », a dit le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette.
Éric Duhaime, lui, veut saisir l’UPAC du dossier, rien de moins.
Disons qu’avec le matériel très fragmentaire dont on dispose jusqu’ici, c’est aller un peu vite en affaire. Qui a fait quoi de terrible ? Quand ? Comment ?
Rarement a-t-on eu aussi peu de faits pour autant de brouhaha.
Dans les circonstances, Marwah Rizqy, d’habitude généreuse de ses commentaires dans les médias, ferait œuvre utile en nous présentant deux, trois faits.
Normalement, les motifs d’un congédiement sont privés. Mais on a déjà parlé de « faute grave » dans l’espace public – à la suite d’une fuite de Mme Rizqy, d’après Geneviève Hinse. Le dommage est fait. Se taire ne protège plus rien, d’autant que Mme Hinse demande des explications publiques.
Tout cela arrive au moment où la greffe Rodriguez n’a pas encore pris tout à fait dans son parti. Comme Jean Charest avant lui, Pablo Rodriguez a migré d’un parti fédéral. Il est dans un processus d’apprivoisement. Marwah Rizqy, au contraire, est la seule vraie vedette du PLQ.
Et voilà que tout cela se transporte à la cour. Ce qui veut dire un prolongement et un envenimement très public d’une querelle interne.
On sent le nouveau chef du PLQ dépassé par les évènements, décontenancé, ébranlé même personnellement.
On lui fait porter la responsabilité des fautes des anciennes administrations, au moment même où il tente de refaire l’image de la « marque » libérale. Une sorte de présomption pèse sur le PLQ, qui sort à peine la tête de l’eau. Comprenons aussi que tout ce petit monde qui s’affronte maintenant par avocats interposés se fréquente depuis des années. C’est très « personnel », ce qui obscurcit aussi les stratégies de sortie de crise.
Il n’y a pas d’autre solution que de rétablir les faits, ou plutôt de les établir.
Une enquête externe, c’est bien, des mises en demeure, c’est légitime. Mais tout ça est long, et avant que le parti n’en sorte, ne nettoie tout ça, on sera déjà en campagne électorale.
Ce sera peut-être la discorde libérale qui la ressuscitera, la CAQ.
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J'aime son analyse et c'est bien évident que cette crise aide grandement à la CAQ de se confronter au PQ. Néanmoins, j'ai toujours soutenu que la CAQ était le PLQ v.2.0 ! 
Jusqu'à présent, la translucidité de la CAQ n'est pas mieux que le PLQ, collusion et corruption en moins visiblement. Mais il n'en demeure pas moins que Legault a pris un virage à droite puisque les compressions budgétaires sont très visibles et il ne s'en cache pas, au moins ça de translucide. 
Il ferait une grave erreur de couper des services car cela a été une faute grave du gouvernement Couillard qui s'est fait sortir du pouvoir le cul sur une pelle. Les tentatives de la CAQ pour devenir un peu plus populiste, ne portent pas car actuellement, rien n'est réglé même si la loi spéciale pour les médecins a passé au bâillon et que son élocution de l'économie nationale et sa constitution du Québec semblent bouettés comme un petit canard la patte cassée.
Chose certaine, Legault devra prendre les bouchées doubles pour parvenir à renverser la tendance actuelle au PQ s'il veut revenir pour un autre mandat au gouvernement.
Dédé
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- La crise du PLQ sauvera-t-elle la CAQ ? -
Dédé,
22/11/2025, 08:50
- La crise du PLQ sauvera-t-elle la CAQ ? - Blake, 22/11/2025, 11:04