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Fleuve St-Laurent AVEC PLOMB SVP (Forum)

par Blake, jeudi 08 janvier 2026, 11:06 (il y a 13 jours) @ Jéromec

Que feras le Sinistre de l'EnvironMENT dans ce dossier.... Burnout DrainVide...?
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https://www.journaldemontreal.com/2026/01/03/une-grande-usine-de-la-rive-sud-accusee-de...

Une grande usine de la Rive-Sud accusée de contaminer le Saint-Laurent depuis des années
Terrapure opère la plus importante installation de recyclage de batteries au plomb-acide au pays
Terrapure
Les installations de l’usine de recyclage de batteries au plomb-acide de Terrapure, dont son bassin de captation des eaux, vues du ciel PHOTO FOURNIE PAR UNE SOURCE
Nora T. Lamontagne

Jeudi, 8 janvier 2026 00:00

MISE À JOUR Jeudi, 8 janvier 2026 00:00
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Ottawa accuse la plus importante usine de recyclage de batteries au plomb du pays d’avoir contaminé les eaux du Saint-Laurent, et ce, pendant des années.

Basée à Sainte-Catherine, en Montérégie, l’usine de Terrapure recycle des tonnes de vieilles batteries au plomb-acide utilisées dans des véhicules qui, autrement, pollueraient l’environnement.

Or, les activités de l’entreprise ont créé des rejets de matières nocives entre 2020 et 2023, selon des accusations déposées par le fédéral en octobre.
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Terrapure rejette ses eaux usées partiellement traitées dans un tuyau qui se déverse dans le Saint-Laurent, à proximité de ses installations.
Terrapure rejette ses eaux usées partiellement traitées dans un tuyau qui se déverse dans le Saint-Laurent, à proximité de ses installations. Photo Pierre-Paul Poulin

Environnement Canada accuse conjointement les dirigeants de l'usine et la Ville de Sainte-Catherine dans cette affaire, pour laquelle les coupables s’exposent à une amende minimale de 5 millions$.

Un rapport du ministère révèle ainsi que Terrapure a déversé 700 tonnes de sulfate par mois, pendant plusieurs mois, dans un tuyau d’égout municipal se vidant en pleine voie maritime.
Le tuyau en question appartient au réseau d’égout pluvial de la Ville de Sainte-Catherine, qui s’est tournée vers la justice pour obliger Terrapure à cesser d’y déverser des rejets qui dépassent les normes.
Le tuyau en question appartient au réseau d’égout pluvial de la Ville de Sainte-Catherine, qui s’est tournée vers la justice pour obliger Terrapure à cesser d’y déverser des rejets qui dépassent les normes. Photo Pierre-Paul Poulin

En plus d’être nocive pour les poissons, une telle quantité représente jusqu’à 50 fois la norme permise, souligne l’inspectrice qui signe le rapport.

Lors d’un déluge en 2022, les bassins de décantation de l’usine ont aussi débordé, déversant de l’eau contaminée au plomb jusque dans le fleuve, selon les analyses du fédéral.

Le bassin de captation des eaux de surface et des eaux de procédé de Terrapure, lors de son inspection en août 2022.
Le bassin de captation des eaux de surface et des eaux de procédé de Terrapure, lors de son inspection en août 2022. RAPPORT D'ENVIRONNEMENT CANADA

Sursis à répétition

Les accusations du fédéral représentent le plus récent développement d’une saga qui implique aussi la Régie d’assainissement des eaux du bassin de Laprairie et la Corporation de Gestion de la Voie Maritime du Saint-Laurent.

Des documents obtenus par notre Bureau d’enquête détaillent comment les autorités tentent depuis près de 10 ans de mettre au pas cette entreprise manitobaine.

À Sainte-Catherine, les premières questions de la Ville surviennent à l’automne 2016, quand elle découvre que Terrapure rejette ses eaux usées directement dans l’égout pluvial municipal.
Le tuyau d’égout qui mène au fleuve s’étend sur un peu plus de 400 mètres, comme on le voit sur cette prise de vue aérienne.
Le tuyau d’égout qui mène au fleuve s’étend sur un peu plus de 400 mètres, comme on le voit sur cette prise de vue aérienne. Dossier de la cour fédérale

Le directeur général de Terrapure de l’époque sollicite un sursis de 36 mois pour évaluer les solutions possibles, vu la complexité des opérations pour réduire ses rejets de sulfate.

L’entreprise demandera des extensions à ce délai de grâce pendant des années pour résoudre le problème, tout en continuant à dépasser les normes (voir ci-dessous).

Terrapure aurait dépensé plus de 10 millions $ depuis 2016 pour réduire ses rejets en sulfate, selon des documents envoyés à Environnement Canada.
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La Ville s’impatiente

Après s’être montrée conciliante, la Ville de Sainte-Catherine a finalement sommé Terrapure en 2024 de cesser ses rejets non réglementaires dans ses égouts une bonne fois pour toutes.

«L’usine de traitement que Terrapure indique vouloir construire depuis maintenant huit ans n’a toujours pas vu le jour et rien ne permet de croire que la contravention de Terrapure à la norme prévue par le Règlement sera prochainement corrigée», résume la Municipalité, dans cette demande qui n’a toujours pas été tranchée.
Les installations de Terrapure, à Sainte-Catherine
Les installations de Terrapure, à Sainte-Catherine ENVIRONNEMENT CANADA

En raison des procédures judiciaires en cour, Terrapure n’a voulu émettre qu’un bref commentaire.

«Opérer en conformité avec la loi est, et a toujours été, la priorité de Terrapure», affirme par écrit Denis Beaulieu, directeur général de Terrapure Montréal.

L’entreprise assure que ses rejets sont conformes aux normes et qu’elle détient un permis d’exploitation valide «délivré par l'organisme de réglementation environnementale du Québec», renouvelé en 2025.

Photo courtoisie Adobe Stock
Les batteries au plomb-acide

- Elles sont utilisées dans la plupart des voitures, mais aussi dans des véhicules industriels et des systèmes de stockage d’énergies renouvelables.

- Elles fonctionnent grâce à des plaques de plomb immergées dans un mélange d’eau et d’acide sulfurique.

- 99% de leurs composantes sont recyclables.

Des solutions jamais concrétisées

- Transporter ses eaux usées par camion pour les traiter ailleurs. Cette idée est abandonnée par Terrapure en 2020.
Bassin de captation des eaux de surface et des eaux de procédé de l'usine de Terrapure, à Sainte-Catherine.
Bassin de captation des eaux de surface et des eaux de procédé de l'usine de Terrapure, à Sainte-Catherine. ENVIRONNEMENT CANADA

- Construire une conduite d’égout privée qui se déverserait aussi dans le fleuve Saint-Laurent, sans respecter les normes de la Communauté métropolitaine de Montréal. Cela lui est refusé en 2023.

- Se brancher au réseau d’égout sanitaire municipal. Cela lui est refusé en 2016 et en 2024, notamment parce que l’usine de biométhanisation ne serait pas équipée pour traiter autant de sulfate.
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- Bâtir une usine pour récupérer les cristaux de sulfate. Terrapure donne comme prétexte des délais imputables à des tiers pour se justifier.
Le bassin de captation des eaux de surface et des eaux de procédés, d'une capacité de 2 millions de litres.
Le bassin de captation des eaux de surface et des eaux de procédés, d'une capacité de 2 millions de litres. PHOTO FOURNIE PAR UNE SOURCE

Les grandes dates

2016

Le ministère de l’Environnement du Québec avertit Terrapure que ses rejets dans l’égout pluvial doivent respecter les normes prévues par le règlement.

En 2018

Terrapure promet au ministère de respecter les normes en matière de rejets de sulfate avant novembre 2020.

2020

Dans une entente avec Sainte-Catherine, Terrapure s’engage à construire une usine pour traiter le sulfate avant novembre 2023 et fournit un cautionnement de 1,5 M$. En échange, la Ville tolère la non-conformité de ses rejets.

2022

Pendant le déluge du 23 août, Terrapure avise le fédéral d’un déversement d’urgence de ses eaux usées partiellement traitées dans l’égout pluvial. Selon des analyses du ministère, elles dépassent largement les normes de sulfate et de plomb.

En novembre, une inspectrice d’Environnement Canada ordonne à Terrapure de cesser les rejets de substances nocives, une directive que Terrapure conteste.

2023

Estimant que Terrapure ne respecte pas leur entente, Sainte-Catherine exige que l’usine cesse tout déversement dans son égout dans les 48 heures. Terrapure refuse.

2024

En mai, Sainte-Catherine se tourne vers la Cour supérieure du Québec pour forcer la main à Terrapure et récupérer 900 000$ du cautionnement.

Le ministère de l’Environnement du Québec remet deux sanctions à Terrapure qui doit payer 5000 $ pour avoir omis de transmettre les résultats d’analyse de ses effluents et pour entreposage non conforme de batteries.

2025

La Cour fédérale annule la directive d’Environnement Canada de 2022, estimant que les exigences de suivi de l’inspectrice étaient «déraisonnables et illogiques».

Environnement Canada dépose des accusations pénales contre Terrapure, ses dirigeants et la Ville de Sainte-Catherine reliées à des rejets de substances nocives pour les poissons.

Avec la collaboration de Ian Gemme

Y fera rien.


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