État des infrastructures au Québec (Forum)
Les ingénieurs sonnent l’alarme
(Québec) Les ingénieurs du Québec sonnent l’alarme face à la détérioration des infrastructures de transport et de santé au Québec, et montrent du doigt les décisions politiques du gouvernement face aux cycles électoraux.
« L’état des infrastructures préoccupe tant le grand public que les ingénieurs », lance Sophie Larivière-Mantha, présidente de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ), en entrevue avec La Presse.
Un coup de sonde effectué auprès des membres de l’OIQ montre que 55 % des ingénieurs du secteur public sondés affirment avoir été témoins d’une ou plusieurs « situations où l’entretien d’une infrastructure recommandé par les équipes techniques a été délaissé au profit d’un autre projet ».
Parmi les exemples rapportés par des ingénieurs :
un entretien reporté ou annulé pour financer des projets plus « visibles », par exemple, des nouvelles constructions ;
des coupes budgétaires menant à la dégradation accélérée des écoles, hôpitaux, routes, réseaux de distribution d’eau et d’égout ;
des décisions politiques ou administratives qui priment sur les recommandations techniques, causant des retards, des surcoûts et des risques accrus pour la sécurité et la pérennité des infrastructures.
Le sondage, auquel ont participé près de 2400 ingénieurs sur les 77 000 membres de l’Ordre, a été effectué dans le contexte d’une « crise » des infrastructures. L’an dernier, Sophie Larivière-Mantha est sortie de sa réserve et a pris la parole pour faire valoir son inquiétude face à cette réalité.
Un déficit d’entretien qui explose
Deux données lui donnent froid dans le dos : dans un premier temps, le déficit de maintien d’actifs des infrastructures du gouvernement du Québec – c’est-à-dire l’argent qu’il faudrait investir pour remettre dans un bon état les routes, hôpitaux, écoles et HLM, par exemple – était de 40 milliards. Il a doublé depuis 2018.
Puis, nos infrastructures d’eau qui coulent de partout, puisque cela relève des municipalités. Il faudrait dans ce cas investir près de 45 milliards.
Lors de cette sortie, Mme Larivière-Mantha se demandait si « nos choix d’investissements sont fondés sur des données techniques sur l’état des infrastructures », au moment où le gouvernement Legault mettait sur pause une série de projets de remplacement d’hôpitaux désuets.
L’Ordre avait du même coup lancé une campagne inédite en organisant une tournée du Québec pour rencontrer des ingénieurs, mais aussi des gestionnaires, des représentants de l’industrie et des élus. L’objectif était de pouvoir faire des propositions concrètes au gouvernement du Québec, dans un contexte où les ressources ne sont pas illimitées, et où beaucoup d’infrastructures du Québec ont été construites dans les années 1960 et 1970.
Des ingénieurs très préoccupés
Les propositions arriveront plus tard, mais le coup de sonde effectué par l’OIQ auprès de ses membres ainsi qu’un sondage réalisé par la firme Léger auprès du grand public montrent une certaine anxiété à l’endroit de l’état de nos infrastructures.
« Du côté de la population, il y a un niveau de satisfaction moins élevé pour les infrastructures de santé, de transport et de logement. Les ingénieurs s’inquiètent davantage pour le routier et la santé. Ce qu’on voit, c’est que l’entretien est trop souvent sacrifié au profit de la construction de nouvelles infrastructures », dit Mme Larivière-Mantha. C’est ce qu’elle appelle le « syndrome du ruban ».
Et, dur constat pour nos élus, 95 % des ingénieurs croient que « l’intervention politique sur les décisions d’investissement et les changements de priorités dus aux cycles électoraux » font obstacle à une gestion adéquate des infrastructures au Québec.
Ils montrent également du doigt les lourdeurs administratives (90 %), la priorité accordée aux nouveaux projets au détriment de l’entretien (86 %) et le coût élevé de la construction (89 %).
Travaux urgents
« Plus on attend, plus les travaux deviennent urgents, complexes et coûteux. Ce qu’on fait, c’est un appel à la mobilisation collective », dit la présidente de l’OIQ. La crise des infrastructures « fédère les ingénieurs », dit-elle. Elle estime que l’Ordre se doit de prendre la parole face au déficit d’entretien, puisqu’il a pour mission la « protection du public ».
En parallèle, un sondage Léger commandé par l’Ordre en mars 2025 indique que les Québécois aimeraient que l’État investisse davantage dans les infrastructures en santé.
Mais seuls 35 % des répondants font confiance aux élus provinciaux et aux gestionnaires de la fonction publique pour assurer la qualité de nos infrastructures. C’est beaucoup moins que la confiance qu’ils ont envers les ingénieurs (68 %).
https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2026-01-13/etat-des-infrastructures-au-que...
Et dire que certains veulent encore plus de coupures et aller à droite avec le Duhaimagogue.

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