C'est chien mais c'est légal, c'est dégeux ! (Forum)
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Nicolas St-Pierre
Samedi, 7 février 2026 17:50
MISE À JOUR Samedi, 7 février 2026 17:50
Les cris de joie du Carnaval ont laissé place à des cris de colère samedi aux abords de l’Assemblée nationale, avec plus de 200 personnes rassemblées à quelques pas des festivités pour dénoncer vivement la fin du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) et le refus d’une clause de droits acquis.
«La légitimité de notre demande ne fait aucun doute. La clause grand-père [ou clause de droits acquis] n’est ni radicale, ni irresponsable, ni impossible. Elle est juste», estime Tiffany Corti, une mère de famille venue s’installer à Lévis avec son conjoint et ses deux enfants il y a deux ans et demi.
La grogne, l’incompréhension et le sentiment de trahison étaient palpables chez les manifestants, qui ont vu le ministre de l’Immigration du Québec, Jean-François Roberge, confirmer plus tôt cette semaine qu’il n’était pas question d’accorder une clause de droits acquis à ceux qui sont déjà installés ici.
D’autres manifestations se déroulaient d'ailleurs en simultané dans six autres villes du Québec, dont à Montréal devant les bureaux du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration.
Manifestation contre la fin du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), à Montréal, ce samedi 7 février 2026, devant les bureaux du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration.
Manifestation contre la fin du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), à Montréal, ce samedi 7 février 2026, devant les bureaux du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration. Capture d'écran TVA Nouvelles
«Roberge, si tu ne veux pas perdre la face, donne une clause grand-père aux orphelins du PEQ. Tu roules [à] 200 km/h en sens contraire sur l’autoroute et tu te demandes pourquoi il y a des chars qui arrivent en face de toi. Réveille!» a déclaré François Proulx-Duperré, secrétaire général du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches, ne manquant pas de qualifier la fin du programme: «dégueulasse, inhumain[e] et inacceptable».
Selon Tiffany Corti, qui pourrait bientôt devoir quitter la province, le gouvernement gère des milliers de vies humaines comme s’il s’agissait de pièces de rechange, en remerciant la main-d’œuvre pour ses impôts et son travail avant de s’en débarrasser comme de vulgaires déchets.
«C’est une insulte à ceux qui sont venus bâtir leur vie ici», a-t-elle poursuivi lors du rassemblement.
Difficulté à dormir
Tout comme elle, Moulai Chaibi se sent trahi. En 2023, il a pris la décision difficile de venir s’installer au Québec avec sa famille, laissant tout derrière lui et dépensant de grosses sommes. L’employé de Santé Québec dit aujourd’hui avoir de la difficulté à dormir, ne sachant pas ce qui adviendra de sa situation.
«On est intégrés, on travaille tous les deux dans le public, les enfants vont à l’école ici et tout va bien, mais là, on est totalement dans l’angoisse. On ne peut pas changer les règles du jeu en plein milieu de la partie. C’est déjà assez difficile de tout laisser derrière soi, tu ne peux pas t’amuser à déraciner une personne comme tu veux, surtout quand elle a rempli sa part du contrat», se désole-t-il.
«On avait prévu venir s’installer pour faire notre vie ici, pas seulement pour 36 mois. Notre fils a commencé ses études ici et s’il retourne chez nous, il ne pourra même pas parler sa langue maternelle. Alors qu’est-ce qu’il va faire?» se demande sa femme, qui voit cette situation comme un total manque de respect.
Pas suffisant
Bien que le ministre Roberge se soit engagé à ce que les travailleurs de la santé, touchés par la fin du PEQ, soient acceptés dans le nouveau Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), plusieurs estiment que ce n’est pas suffisant.
«C’est bien de penser au système de santé, à l’éducation et à la construction. Ce sont des secteurs essentiels et on le sait. Mais qu’en est-il pour tous les autres? Qu’est-ce qu’on fait de tous ces gens venus ici sous le même programme, avec les mêmes promesses, mais qui n’ont pas le bon titre d’emploi selon les critères actuels?» demande Tiffany Corti.
«Leur vie, leur talent, leur intégration comptent moins que les autres? On ne peut pas prétendre bâtir le Québec en choisissant qui a droit à la dignité et qui doit être jeté aux oubliettes», a-t-elle conclu.
Rappelons que le Programme de l’expérience québécoise (PEQ), aboli en novembre, était une voie rapide vers la résidence permanente pour les diplômés d’établissements québécois et les travailleurs étrangers temporaires ayant accumulé une expérience de travail au Québec. Il ne fixait aucun plafond annuel pour le nombre d’admissions.
Lancé en juillet 2025, le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) représente désormais la seule voie pour obtenir la résidence permanente en tant que travailleur qualifié. Contingenté, il fonctionne par tirage au sort, en fonction d’une grille de pointage sévère.
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Bien difficile de comprendre cette affaire gouvernementale qui finit en queue de poisson pour les immigrants qui voulaient construire leur vie en s'établissant ici au Québec. Le responsable du programme a fait tout à son pouvoir sur la supposément pénurie de main-d'œuvre qui sévissait, en invitant les étrangers de venir s'établir ici avec ce dit programme. Comment voulez-vous que ces étrangers se sentent autrement d'avoir été trahis par ce déshonorable ministre ?
Plusieurs ont quitté ce qu'ils avaient pour venir s'établir ici grâce à ce programme qui n'a pas tenu les promesses d'une meilleure vie. En plus des menaces de déportation, calvaire, quel coup de chien tabarnack !
Dédé